L’aile d’enseignement scientifique s’encastre sous le toit du préau. Les bardeaux Piterak® ébène se marient avec les brise-soleil de mélèze lazuré.
Vu de l’est, le lycée Germaine Tillion se caractérise par une grande prairie en pente douce devant un volume horizontal en béton, bois et verre duquel jaillissent deux barrettes en terre cuite ébène qui se détachent progressivement au-dessus du terrain naturel. En premier plan et léger contrebas, un groupement harmonieux de petits volumes capotés de terre cuite rouge.
Le site du lycée du pays de l’Arbresle est très privilégié. Il offre un large panorama sur les Monts du Lyonnais. La région Rhône Alpes a été pionnière en matière de qualité environnementale du bâtiment, en particulier sur deux points : l’économie d’énergie et la notion de coût global. Elle a pour objectif un coût de maintenance le plus faible possible, quitte à investir davantage en amont sur la pérennité du bâti.
Michel Maurice, architecte du projet : « La conception du lycée dans une volonté de proximité de l’homme avec la nature et spécialement avec le monde végétal a été résumée dans un abécédaire distribué aux utilisateurs et relayée par le corps enseignant qui en a fait un sujet d’étude. Car il ne suffit pas de mettre des capteurs solaires pour faire œuvre pédagogique. Les performances énergétiques du bâtiment ont fait l’objet d’un suivi attentif pendant deux années après la mise en service. Ceci a permis une mise au point de la gestion technique du bâtiment sur l’éclairage asservi à la présence et à la lumière naturelle, la ventilation double flux, le pilotage du chauffage au bois, etc. Et c’est le bilan réel des performances qui a été annoncé au terme de ces deux ans. Il a permis, par exemple, de démontrer que pour un établissement en demi-pension dont le taux d’occupation est à peine de 20%, le retour sur investissement de capteurs solaires thermiques n’est pas probant. »
Les architectes ont construit avec la pente en s’appuyant sur l’observation des corps de fermes de la région. Le bâtiment principal est implanté sur la partie haute pratiquement plane. C’est là que s’étalait une mare qui devait être asséchée et remblayée. Les architectes ont remarqué qu’elle était le foyer d’une biodiversité de faune et de flore qu’ils ont cherché à maintenir en créant sur la longueur de la façade urbaine du lycée une douve aquatique qui participe avec les toitures végétalisées à la gestion des pluviales. Elle est alimentée par la bâche de récupération des eaux de pluies et, par son évaporation, contribue à une hygrométrie favorable en période chaude. La douve a été ensemencée d’une grande diversité de végétaux aquatiques et a été choisie comme lieu de séjour par de nombreuses espèces animales. Elle est franchie en trois points par des petits ponts de bois.
La façade d’entrée exposée à l’ouest alterne de grands aplats de pierre jaune et une grande verrière. La pierre jaune est une ressource naturelle de proximité et le matériau de l’architecture vernaculaire. Elle forme ici un bouclier thermique ventilé. Devant les vitrages, des volets moucharabieh en bois permettent de maîtriser l’ensoleillement.
Le préau est le cœur de l’établissement. Au lieu des 250 m2 demandés, les architectes lui ont attribué 1200 m2. C’est une place couverte et transparente qui articule tous les éléments du programme et le lieu d’exposition et d’événements divers.
Sur la façade est du volume principal, se greffent deux barrettes lancées sur des soubassements en retrait et de hauteur croissante pour épouser la pente. Calées au nord, elles laissent libre, jusqu’à la limite sud du terrain, une prairie de plus d’un hectare. Ces barrettes forment entre elles un angle légèrement ouvert. L’une est dédiée à l’enseignement général, l’autre aux salles de sciences. Toutes deux offrent des grands plateaux sans contrainte de cloisonnement. Les façades sont composées d’aplats de bardeau de terre cuite Piterak® de couleur ébène et de bandes vitrées filantes qui sont protégées par des brise-soleil verticaux en mélèze au sud.

Les deux ailes d’enseignement habillées de bardeau de terre cuite s’écartent légèrement vers l’est.
Devant une baie orientée au sud, le brise-soleil Autan® s’intègre dans un plan de Piterak® de la même nuance ébène.
Les logements de fonction occupent l’angle sud-est de la parcelle. Leur volumétrie très simple à deux niveaux et leur groupement par deux et trois offrent une compacité économe en matériaux et thermiquement efficace qui libère plus d’espace. Dissociés des logements, les garages et celliers forment un écran protecteur le long de la voirie de desserte au nord.
Le système constructif, gros œuvre en béton et isolation extérieure protégée par un bardage de terre cuite, garantit une bonne inertie thermique et donc un confort d’été appréciable. Presqu’aveugles, les longs pans sont, ici aussi, en bardeau Piterak® rouge orangé, en continuité avec la couverture en tuile à emboîtement. Le module du bardeau a déterminé la dimension de ces longs pans et la saillie de cette enveloppe plissée en terre cuite qui protège les pignons ouverts sur l’entrée et le jardin et traités en bardage de mélèze. Cette saillie est soulignée par un capotage de tôle laquée.
Programme : Lycée 900 – demi-pension – sept logements de fonction. // Maître d’ouvrage : Région Rhône Alpes. // Maître d’ouvrage délégué : SERL. // Maître d’œuvre : Atelier Arche, architectes à Lyon – Michel Maurice, chef de projet. // Entreprise de pose : Euro-façade. // SHON : 9630 m2. // Date de livraison : août 2008. // Montant des travaux HT : 15 M€. // Produit(s) de terre cuite TERREAL : bardeau Piterak® lisse, ébène et rouge. Tuile à emboîtement à pureau plat, rouge.